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Le Médecin Spécialiste
Organe du Groupement des Unions Professionnelles Belges de Médecins Spécialistes
N° 5 - Août 2006 Précédent Sommaire Suivant
 


Oncologie – Lettre ouverte 12.07.2006

 

(traduction)

A Monsieur le Premier ministre G. Verhofstadt
Au Ministre R. Demotte
A Monsieur le Chef de cabinet
Ministère des Affaires sociales et de la Santé publique

Concerne : Arrêté ministériel du 14/6/2006 relatif à la reconnaissance du titre professionnel particulier en oncologie médicale et l'A.R. du 14/6/2006 relatif à l'agréation des médecins spécialistes en oncologie médicale


Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Chef de cabinet,


Nous souhaiterions préciser notre position concernant la reconnaissance susvisée du titre professionnel particulier en oncologie médicale et la suppression des titres professionnels particuliers en oncologie pour les autres médecins spécialistes comme prévu à l'A.M. du 11 mars 2003.

Tout d'abord, nous entendons souligner le fait que la demande en faveur de la reconnaissance de l'oncologue médical est, à notre sens, justifiée mais que la suppression des autres titres professionnels en oncologie pour nos spécialités (Pneumologie, Gastro-entérologie, Gynécologie, Urologie, ...) risque de mettre en danger la santé publique et plus particulièrement les soins de qualité pour les patients atteints d'un cancer en Belgique, et ce pour les raisons suivantes :

  1. Seuls quelque 120 médecins spécialistes avec un titre professionnel particulier seraient encore agréés en oncologie. Pourtant, cela fait des décennies qu'en Belgique, l'oncologie est pratiquée par des spécialistes d'organe ayant une expérience particulière en oncologie et par des radiothérapeutes-oncologues travaillant à temps plein en oncologie. La perte de notre expertise entraînera sans aucun doute une diminution de la qualité des soins.
     
  2. Dans bon nombre de centres de formation, les oncologues médicaux sont très peu voire pas du tout en contact avec les affections oncologiques les plus fréquentes, comme par exemple les tumeurs respiratoires, gastro-intestinales et certaines tumeurs gynécologiques. De ce fait, l'oncologue médical général n'est souvent pas formé pour traiter en toute sécurité toutes les sortes de tumeurs, ni pour coordonner le traitement de ces tumeurs.
     
  3. Dans un grand nombre de pays européens, outre l'oncologue médical, on compte également des spécialistes d'organe oncologiques agréés car ils sont souvent mieux placés pour prévenir, diagnostiquer, traiter et suivre les tumeurs de leur domaine – qui ont malgré tout souvent un comportement spécifique. Nous tenons également à faire remarquer que la Federation of European Cancer Societies (FECS) et l'Union Européenne des Médecins Spécialistes (UEMS) ont récemment reconnu le rôle important des spécialistes d'organe oncologiques.
     
  4. Depuis l'A.M. du 11 mars 2003, plus de 30 spécialistes ont suivi une formation complémentaire de 2 ans pour obtenir le titre professionnel particulier en Oncologie. Et aujourd'hui, en dépit de cette formation supplémentaire, ils n'entrent pas en considération pour l'obtention de ce titre professionnel. En outre, il y a au moins une dizaine de radiothérapeutes-oncologues qui pratiquent l'oncologie médicale à temps plein et qui, suite à l'A.M. du 14-6-2006, n'ont plus accès à l'oncologie médicale.

C'est pourquoi une reconnaissance unilatérale de l'oncologue médical n'est pas acceptable si, dans le même temps, un même type de reconnaissance en oncologie n'est pas accordé aux autres spécialités qui le souhaitent. A cet égard, nous tenons à vous faire remarquer que nos Unions attaqueront l'A.M. du 14/6/2006 relatif à la reconnaissance du titre professionnel en oncologie médicale devant le Conseil d'Etat, comme cela avait été le cas avec l'A.M. analogue du 16/4/1999 (reconnaissance du titre professionnel particulier en oncologie, oncologie médicale). A l'époque, le Conseil d'Etat s'était rallié à notre position.

Nous souhaitons également souligner le fait que nous sommes convaincus que les titres professionnels en oncologie ne peuvent être accordés qu'aux spécialistes suivant une formation complémentaire de 2 ans (cf. A.M. du 11/3/2003) et que les mesures transitoires pour les spécialistes établis désireux d'obtenir le titre professionnel en oncologie, doivent être définies de manière claire et stricte.

Comme nous l'avons souligné précédemment, un étalement des reconnaissances ou l'octroi d'un type différent de reconnaissance en oncologie conduira inévitablement, à court terme, à la perte de l'expertise en oncologie de nos disciplines. Selon nous, cela entraînera irrémédiablement un mauvais fonctionnement du programme de soins en oncologie. C'est déjà confirmé par le fait que cet arrêté ministériel n'a jamais été examiné au sein du Collège de l'oncologie. Pourtant, ce Collègue a été désigné par vous avec une composition multidisciplinaire et a fait l'objet d'une publication au Moniteur belge du 31 mars 2004.

Enfin, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Ministre, Monsieur le Chef de cabinet, nous souhaiterions lancer un appel en faveur de la recherche de réelles améliorations dans le traitement des patients atteints d'un cancer reposant sur une base scientifique objective ainsi qu'en faveur d'un large débat de société avec tous les acteurs dans le domaine. Nous souhaiterions également lancer un appel en faveur d'une nouvelle culture politique ouverte qui ne soit plus la culture des groupes de pression qui s'efforcent de réaliser, par un soutien politique et un mauvais usage des médias, ce qu'ils ne peuvent pas accomplir sur le terrain.

Les 17 Unions susvisées restent naturellement disposées à contribuer positivement à une structuration optimale des soins oncologiques et nous osons croire en une concertation constructive.

Pouvons-nous vous demander de bien vouloir nous faire connaître votre réaction à ce sujet?

Au nom des Unions susvisées, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Ministre, Monsieur le Chef de cabinet, en l'expression de notre considération distinguée.

Belgische Vereniging voor Pneumologie – Société Belge de Pneumologie

Concilium Belgicum Gastroenterologicum
Société Royale Belge de Gastro-Entérologie
Vlaamse Vereniging voor Gastro-Enterologie
Belgium Group of Digestive Oncology
Belgische Vereniging voor Endoscopie
Belgische Beroepsvereniging voor Maag-Darmartsen

Groupement des Gynécologues-Obstétriciens de Langue Française de Belgique
Vlaamse Vereniging voor Obstetrie en Gynaecologie
 
Vlaamse Werkgroep Gynaecologische Oncologie
Beroepsvereniging van de Belgische Verloskundigen en Gynaecologen

Belgische Vereniging voor Radiotherapie-Oncologie
Beroepsvereniging van de Belgische Radiotherapeuten-Oncologen

Belgische Vereniging voor Urologie
Société Belge d’Urologie
Beroepsvereniging van de Belgische Urologen

Koninklijk Belgisch Genootschap voor Heelkunde
 


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