Accueil | GBS | Unions | Le Bottin | Accréditation | Nomenclature | Législation | Partenaires | Publications | Aide  
Le Médecin Spécialiste
Organe du Groupement des Unions Professionnelles Belges de Médecins Spécialistes
N° 5 - Août 2006 Précédent Sommaire Suivant
 


Les Génériques – Texte du Prof. F.R. Heller – Mars 2006

 

1. Le parcours des médicaments originaux, des génériques et des copies

Pour comprendre l’impact médical et économique des génériques, il faut le replacer dans le cadre du processus de recherche et développement d’un médicament. La recherche pharmaceutique est un processus de longue haleine qui débute par une période de recherche d’environ une dizaine d’années. Elle débute par un dépôt de brevet et se poursuit par des études toxicologiques (aiguës et chroniques) et pharmacologiques et puis par des essais cliniques. Ceux-ci comportent plusieurs phases. La phase 1 permet de déterminer chez des volontaires sains la pharmacocinétique du médicament et sa sécurité et cela à travers plusieurs posologies. La phase 2 doit évaluer réellement l’efficacité du médicament chez un nombre limité de patients présentant la pathologie ciblée par le médicament. Elle est réalisée en double insu versus placebo et permet de préciser l’éventail des dosages envisageables pour traiter la pathologie. La phase 3 permet d’évaluer l’efficacité relative du médicament vis-à-vis d’un traitement classique qui sert de référence. L’étude est réalisée sur un grand nombre de patients pendant une durée de plusieurs mois. Après un parcours d’une dizaine d’années de recherche, le médicament peut être mis sur le marché, mais doit passer alors par une série d’étapes administratives : enregistrement, fixation du prix, remboursement. L’enregistrement du médicament est possible s’il satisfait aux critères d’activité, de sécurité et de qualité. L’enregistrement peut se faire par le biais d’un enregistrement national ou par le biais d’un enregistrement européen. Dans le premier cas (procédure nationale ou de reconnaissance mutuelle), en Belgique c’est le Ministre de la Santé Publique qui autorise l’enregistrement sur base des recommandations formulées par la Commission de Remboursement des Médicaments. Cette commission comprend des représentants des universités, ses mutuelles, des associations professionnelles pharmaceutiques, des associations professionnelles médicales, des associations professionnelles de l’industrie du médicament, d’un représentant du Ministre des Affaires Sociales, d’un représentant du Ministre de la Santé Publique, d’un représentant du Ministre des Affaires Economiques et d’un représentant de l’INAMI. Depuis 1998, l’enregistrement au niveau national n’est envisageable que si les médicaments ne sont enregistrés que dans un seul état membre. En ce qui concerne l’enregistrement européen, c’est l ‘EMEA (European Agency for the Evaluation of Medicinal Products) qui formule un avis et enregistre les médicaments pour toute l’Union Européenne. Suivant les directives européennes, la procédure d’enregistrement ne peut excéder 210 jours. Parallèlement à la procédure d’enregistrement, le médicament suit une procédure destinée à lui donner un prix. La mise sur le marché peut alors s’effectuer et la société pharmaceutique dispose alors d’une période de 6 à 8 ans pour rentabiliser son médicament sur le plan financier, étant donné que la durée du brevet est de 20 ans.


2. Caractéristiques propres des médicaments originaux, des génériques et des copies

Actuellement en Belgique, trois types de médicaments sont envisageables dans le cadre du remboursement : le médicament original, le médicament générique ou la copie. Le médicament générique est constitué de la spécialité originale mais qui ne peut être mise sur le marché qu’après échéance du brevet et 10 ans d’utilisation dans l’Union Européenne. La copie est la substance originale qui a montré son efficacité et sa sûreté d’emploi après 10 ans d’utilisation dans l’Union Européenne. Que ce soit pour la substance originale, le générique ou la copie, il faut disposer de preuves de sécurité, d’efficacité et de qualité. Pour ce qui est des critères de sécurité et d’efficacité, la société pharmaceutique qui produit le médicament original doit faire état d’études toxicologiques, pharmacologiques et cliniques. Pour la copie, la compagnie doit produire une littérature scientifique attestant la sécurité et l’efficacité du produit. Le générique doit être démontré comme « essentiellement similaire au médicament original » (Directive 2004/27/CE publiée le 31 mars 2004). Le caractère essentiellement similaire concerne la nature même du médicament, la quantité du médicament et la forme pharmaceutique qui doivent être identiques au médicament original. Il y a également obligation de démontrer une bioéquivalence identique étant entendu que la bioéquivalence dans ce cas précis remplace la notion d’équivalence thérapeutique. En ce qui concerne les critères de qualité, la société qui produit le médicament doit décrire, de manière complète, toute la procédure de fabrication partant du principe actif jusqu’à la notice de l’emballage. La société doit se soumettre à des procédures de bonne pratique (GMP ou Good Manufacturing Procedure) et à des inspections régulières qui lui permettent de garder le certificat de GMP.

L’équivalence thérapeutique d’un générique est assimilée à une bioéquivalence ou à une biodisponibilité qui doit être identique à celle du produit original. Les paramètres de biodisponibilité sont l’aire sous la courbe (AUC), la concentration maximale (Cmax) du produit et le temps nécessaire (tmax) pour atteindre cette concentration maximale. Ces données pharmacocinétiques sont réalisées sur des volontaires sains au nombre de 18 à 36, comportant des hommes et des femmes entre 18 et 55 ans avec un BMI normal etc... Après administration unique et, éventuellement, après administration répétée du médicament, des dosages sanguins sont réalisés et permettent de calculer l’AUC et le Cmax qui sont les principaux paramètres utilisés. Les données du médicament générique sont comparées aux données du médicament original. Les résultats sont exprimés sous forme d’un rapport (générique/original) et qui est le « point estimate ». Un intervalle de confiance de 90 % est déterminé. Le « point estimate » et son intervalle de confiance de 90 % doivent s’inscrire dans un intervalle de 0.8 à 1.25. Cependant, certains cas particuliers doivent être signalés :

  1. pour les médicaments à marge thérapeutique étroite tels que les anti-arythmiques,les anti-épileptiques, les anti-coagulants oraux, les digitaliques, les immunosuppresseurs, les sulfamidés hypoglycémiants, la théophylline..., l’intervalle de confiance de 90 % doit se situer entre 0.9 et 1.11. En ce qui concerne les médicaments à marge thérapeutique large, l’intervalle de confiance de 90 % peut se situer entre 0.75 et 1.33.
     
  2. Un même principe actif peut exister sous forme de sels différents. La pharmacocinétique peut être parfois identique quelque soit le sel (ex. diclofenac sodique et diclofenac potassique), mais ce n’est pas toujours le cas et notamment pour le propoxyphène, la pilocarpine, la lincomycine, la pénicilline G, l’alprenolol... Dans ces cas, les différents sels peuvent avoir une biodisponibilité différente.
     
  3. Il est parfois très important de tenir compte du tmax parmi les données pharmacocinétiques. En effet, dans certaines pathologies, l’effet pharmacologique doit être obtenu rapidement, par exemple si on veut traiter un état douloureux aigu, une crise d’asthme, une hyperglycémie... Dans ce cas, il faut que le médicament agisse rapidement et le tmax est un paramètre essentiel de ce point de vue. Cette donnée a moins d’importance lorsque l’effet pharmacologique demandé n’est pas lié à la rapidité d’action. C’est le cas par exemple pour le traitement de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie etc...
     
  4. Dans les cas de génériques, il faut tenir compte du fait que la gamme complète et les indications du médicament original ne sont pas toujours reprises.
     
  5. Particulièrement importante est l’utilisation d’excipients différents. Certains excipients n’ont pas d’effet neutre chez certains patients. Ce type d’excipients est décrit comme « excipients à effet notoire ». Les excipients à effet notoire sont repris dans une liste publiée par la Commission Européenne (Directive juillet 2003).


3. Politique financière des médicaments en Belgique

Vu l’augmentation des coûts de la santé, beaucoup de pays ont essayé de limiter le prix des médicaments en encourageant notamment la consommation des génériques dont le coût est moins élevé . L’impact économique est clair et a été bien mis en évidence récemment par une équipe de la KUL (1). Un avantage complémentaire de l’utilisation de médicaments moins chers est une meilleure adhésion au traitement (2). Une politique des génériques a été mise sur pied, d’abord au niveau européen (EU Directive 65/65/EEC) avec une définition de la procédure d’autorisation de mise sur le marché (EU Directive 87/21/EEC). En dehors de l’encouragement à la consommation des génériques, la Belgique a gelé les prix des médicaments remboursables et a réduit le prix de certains médicaments : - 3% en 1997, - 14 % pour les médicaments qui sont remboursés depuis plus de 15 ans et – 16 % pour les médicaments qui étaient remboursés depuis plus de 17 ans. Le prix des grands conditionnements a également été réduit d’environ 20 % par unité par rapport au prix par unité du conditionnement le plus petit. Des médicaments sont passés par ailleurs des catégories de haut remboursement aux catégories de plus faible remboursement ou de non remboursement. Le tiers payant a été augmenté également (1). Le caractère remboursable des médicaments est soumis à l’approbation des médecins de mutuelles sous forme d’une approbation a priori (chapitre IV) ou a posteriori (chapitre II). Par ailleurs, les compagnies pharmaceutiques ont subi une taxation supplémentaire de leurs ventes. Une politique de remboursement basée sur le rapport coût/efficacité a été mise sur pied. Enfin, en juin 2001, a été introduite la notion de prix de référence. En Belgique, les médicaments sont remboursés à hauteur de 75 % (Cat. B) pour la plupart des patients. Les 25 % restants (tiers payant) sont pris en charge par le patient. Un prix de référence a été établi pour les médicaments qui contiennent les mêmes principes actifs, sous la même forme et sous le même dosage. Initialement, le prix de référence a été fixé à 84 % du prix du médicament original (jusque juillet 2002). Il a été diminué à 80 % (jusque janvier 2003). Il est actuellement à 74 % du prix de la substance originale. Le remboursement par l’INAMI est toujours de 75 % mais, cette fois, sur base du prix de référence. Si une compagnie pharmaceutique n’abaisse pas son prix au prix de référence, le patient est remboursé de 75 % sur le prix de référence. Le patient doit donc débourser 25 % sur le prix de référence plus la différence entre le prix du médicament original et le prix de référence. Il est clair que dans cette procédure, tant l’INAMI que le patient trouvent un intérêt financier à ce que les médicaments soient moins chers. Comme les pharmaciens reçoivent un pourcentage du prix public des médicaments (maximum de 31 % avec une limite absolue de 7.44 €), la perte financière occasionnée par la vente des génériques a été compensée en 2001 par une valorisation financière de l’activité du pharmacien. Par ailleurs, si dans certains pays comme le Danemark, la Hollande, l’Italie et l’Allemagne, une substitution peut être réalisée par des génériques, celle-ci n’est pas encore ou ne sera pas d’application en Belgique.

Jusque récemment, le marché des génériques dans l’Union Européenne représentait 7 billion € sur un total de 70 billion € du marché pharmaceutique total. En 2004, on pouvait distinguer les pays avec un marché dépassant les 40 % (Danemark, Allemagne, Hollande, Pologne, Royaume-Uni) et ceux dont le marché était inférieur à 20 % (Autriche, Belgique, France, Italie, Portugal et Espagne). Il est de 40 % pour les USA (3). Vu les incitants en Belgique, le marché des génériques a augmenté progressivement et atteignait au 2ème semestre 2003 environ 6 % en terme financier, environ 7 % en terme de volume. Les données récentes font état d’un chiffre de 10 % (4). Actuellement, une nouvelle procédure est mise sur pied pour encourager l’utilisation de médicaments bon marché. Les médicaments bon marché considérés sont : ? les spécialités génériques, ? les copies, ? les spécialités originales dont le prix a été abaissé au prix de référence, ? les médicaments prescrits sous DCI (Dénomination Commune Internationale). L’enregistrement par l’INAMI de la prescription de médicaments prescrits sous DCI est lié à l’intervention du pharmacien qui repère la prescription par une marque (« FLAG » ou « VLAG »). A partir du 1er avril 2006, les médecins doivent prescrire un pourcentage minimum de médicaments bon marché, pourcentage qui varie selon que le médecin est généraliste ou spécialiste et pour ce dernier, suivant la spécialité.


4. Incertitudes sur la qualité des médicaments génériques

Quels sont les problèmes liés à l’utilisation des génériques ?

Il existe actuellement très peu d’études prospectives et bien conduites qui analysent si, dans la pratique, le générique répond aux critères énoncés plus haut. En particulier, est-ce que le générique a une équivalence thérapeutique à la substance originale ? Seules sont disponibles des données ponctuelles. Une étude sponsorisée par la firme ROCHE a permis d’analyser la qualité de 34 génériques contenant de la ceftriaxone en comparaison avec la Rocéphine® (5). Comme critères de qualité ont été employés les standards des pharmacopées européenne et américaine et les standards pharmaceutiques de la firme ROCHE . Dix sept paramètres comprenant l’aspect physique, le contenu, la pureté, la stérilité, la présence de toxines, de particules diverses etc... ont été analysés pour ces 34 génériques. Il est apparu que 10 génériques ne respectaient pas les paramètres de qualité des pharmacopées européenne et américaine et 4 génériques n’étaient pas stériles ! En ce qui concerne les standards de qualité de la firme ROCHE, aucun générique ne respectait l’entièreté des paramètres. Les violations les plus fréquentes étaient la clarté de la solution et la présence de traces de produits de dégradation. A retenir que les fabricants de médicaments génériques concernés provenaient, dans la majorité des cas, d’Extrême-Orient (Pakistan, Inde, Philippines, Malaisie, Corée, Indonésie), ainsi que de la Turquie, de la Roumanie, de la Georgie, du Mexique et du Brésil. Deux fabricants étaient français. Plus récemment, 16 préparations génériques de streptokinase par des chercheurs de la firme Behring (6) ont été analysées. Onze fabricants étaient concernés. L’importance de pouvoir disposer d’une streptokinase de qualité est soulignée par la marge thérapeutique étroite de cette molécule : un sous-dosage entraîne un taux plus faible de reperfusion et peut entraîner une augmentation de la mortalité à 30 jours de 4.9 % (GUSTO-1 Trial). Un dosage trop élevé peut entraîner une hémorragie intra-crânienne. L’activité des 16 préparations se situait entre 20.8 et 107.4 % et seules 3 avaient une activité se situant entre 90 et 111 % exigés par la pharmacopée. Plusieurs préparations contenaient des bandes additionnelles ou des doubles bandes témoignant de la présence de produits de dégradation. En ce qui concerne les streptokinases recombinants, des déviations étaient notées de manière importante. Les fabricants concernés étaient Indiens, Coréens, Cubains ou Chinois !

En ce qui concerne les médicaments anti-épileptiques, certains génériques fabriqués aux USA ont une biodisponibilité inférieure de 30 % au médicament original après prise d’un repas gras (7). Des rapports spontanés d’effets secondaires liés à la prise de lamotrigine ont été comptabilisés aux USA. Ces rapports étaient au nombre de 30, pendant les 16 mois précédant l’apparition des génériques et de 56 durant les 16 mois qui ont suivi l’apparition des génériques. Dans 29 cas, la lamotrigine générique était incriminée et, dans 14 cas, une perte du contrôle de l’épilepsie était notée (8). Enfin, dans une enquête réalisée auprès de 6920 neurologues américains, il est apparu que le passage de la substance originale au générique a entraîné la survenue de crises d’épilepsie dans 67.8 % et une augmentation des effets secondaires dans 56 % (9).

En ce qui concerne les formes génériques d’antiarythmiques, 130 experts en électrophysiologie (NASPE) ont été invités à communiquer leur expérience concernant l’emploi des antiarythmiques et de leurs formes génériques. Sur 64 réponses, 54 ont fait état de la récidive d’arythmie (fibrillation ventriculaire, tachycardie ventriculaire, fibrillation auriculaire, tachycardie supraventriculaire) avec 3 mortalités. Les médicaments les plus incriminés étaient, dans 21 cas, la quinidine, la procaïnamide, le disopyramide, dans 1 cas, le métoprolol et, dans 32 cas, l’amiodarone (10). Dans un cas précis, il a pu être vérifié que les taux d’amiodarone dans le sang s’étaient abaissés en dessous du seuil thérapeutique lors du passage de la cordarone à sa forme générique.

Une étude réalisée récemment en Hollande (11) a concerné les formes génériques d’oméprazole. Suite à diverses plaintes de patients, qui avaient noté une recrudescence de leur symptomatologie après passage à une forme générique d’oméprazole, une étude de dissolution des capsules ou comprimés a été entreprise. Il est apparu que les formes génériques avaient un taux de dissolution anormalement rapide ce qui devait contribuer à une mauvaise biodisponibilité. Par ailleurs, durant la période de 2002 à 2004, parmi 5254 patients qui avaient reçu une forme générique d’oméprazole, 7 à 9 % sont passés au Losec® et 11.7 %, à un autre IPP. Durant la même période, les patients, qui étaient sous paroxétine, ne sont passés au Seroxat® que dans 1.1 %. Par ailleurs, le passage du Prozac® à la fluoxétine a été associé à une diminution d’efficacité et à une augmentation des effets secondaires (12). De la même manière, le passage de la forme originale de clozapine à la forme générique a été accompagné de la survenue de symptômes psychotiques (13).

Par contre, une étude prospective n’a pas mis en évidence de différence significative d’efficacité thérapeutique entre le Losec® et une forme générique d’oméprazole (Omépradex®). Parmi 455 patients devant recevoir une trichimiothérapie contenant de l’oméprazole pour un traitement visant à l’éradication de l’hélicobacter pylori, 287 ont pris du Losec® et 163 ont pris de l’Omépradex®. Un test à l’urée a été réalisé chez 97 patients dont 61, qui avaient pris du Losec® et 36 qui avaient pris de l’Omépradex®. Le pourcentage du test à l’urée était d’environ 70 % des cas dans les 2 groupes, sans aucune différence significative. (14).

Une étude réalisée aux Etats-Unis dans le cadre d’une HMO (Kaiser-Permanente) sur 33.318 patients a analysé en 2002 et en 2003, les effets du passage de la substance originale de simvastatine à la lovastatine (utilisée à double dose pour assurer une équivalence thérapeutique). Il est apparu que les taux de LDL-C et de triglycérides étaient significativement plus bas après conversion à la lovastatine et le taux du HDL-C significativement plus élevé après le passage à la lovastatine sans qu’il y ait de différence en ce qui concerne le pourcentage d’anomalies des transaminases et des CPK (15).

Par ailleurs, des différences de dissolution ont parfois été mises en évidence pour des produits originaux également (16). L’alprazolam, fabriqué par Upjohn et commercialisé au Canada et en Australie, n’a pas montré de différence en ce qui concerne le taux de dissolution des tablettes et la biodisponibilité. Par contre, pour l’indapamide, fabriqué par Servier et commercialisé au Canada, en Nouvelle Zélande et en Australie, les tablettes avaient des taux de dissolution différents suivants les pays concernés. De même, les comprimés de cimétidine commercialisés en France et en Australie par Smith-Kline Beecham, avaient des taux de dissolution très différents mais sans qu’il n’y ait de différence par contre en ce qui concerne la biodisponibilité. Les comprimés de prémarin (Ayerst) commercialisés au Canada et aux Etats-Unis, ont des biodisponibilités différentes : les taux d’équiline et d’oestrone sont plus élevés pour le prémarin commercialisé au Canada que pour le prémarin commercialisé aux Etats-Unis. Par ailleurs, les comprimés de phénytoïne (fabriqués par Parke-Davis et commercialisés dans 13 pays européens), avaient des taux de dissolution extrêmement différents. Il apparaît donc que si un manque de qualité est parfois noté pour les génériques une certaine variabilité peut exister également pour les produits originaux. A noter que sur le marché belge, en 1999, 29 médicaments ont été retirés du marché dont 1 générique et, en 2000, 46 l’ont été dont 3 génériques (17).

Les problèmes actuels liés à l’utilisation des médications génériques, sont les suivants :

  1. au niveau pharmaceutique, les procédures qui ont été mises en place pour vérifier la qualité du produit fini ne semblent pas toujours efficaces : des doutes peuvent exister en ce qui concerne la source du principe actif, la présence d’impuretés et de solvants et de la vitesse de dissolution des capsules. Le problème des excipients est reconnu de façon notoire.
     
  2. Par ailleurs, si la définition de générique a été bien établie, la notion qu’équivalence thérapeutique égale bioéquivalence est discutable. Aux Etats-Unis et en Allemagne, des critiques ont été formulées quant à la méthodologie et aux critères employés pour définir une bioéquivalence.
     
  3. A l’inverse et pour autant que l’aspect « pharmaceutique » ne soit pas impliqué, il faut distinguer les problèmes de « prescribability » et de « switchability ». Si on débute un traitement chez un patient qui n’a jamais reçu de médicament, il devrait y avoir peu de problèmes puisque la posologie peut être adaptée en fonction de l’effet thérapeutique désiré. Le problème se pose davantage lorsqu’on passe d’une forme à une autre et le problème est surtout important lorsqu’il s’agit de médicaments à marge thérapeutique étroite. Dans ce dernier cas, il est conseillé de ne pas passer d’une spécialité à une autre (Folia Pharmacotherapeutica, Fév. 2006).


REFERENCES

  1. SIMOENS et al. « Pharmaceutical Policy regarding Generic Drugs in Belgium ». Pharmacoeconomics 2005 ; 23 : 755-766.
  2. SHRANK WH et al. « The Implications of Choice. Prescribing Generic or Preferred Pharmaceuticals Improves Medication Adherence for Chronic Conditions ». Arch Intern Med 2006 ; 166 : 332-337.
  3. EURACTIV HEALTH & PHARMA. « Generic Medicines ». 16 April 2005.
  4. AGENCE BELGA. « Lancement d’une nouvelle campagne d’information sur les génériques ». 5 janvier 2006.
  5. LAMBERT PA et al. « Pharmaceutical Quality of Ceftriaxone Generic Drug Products Comparedwith Rocephin® ». J Chemotherapy 2003 ; 15 : 357-368.
  6. HERMENTIN P. et al. « Comparative analysis of the activity and content of different streptokinase preparations ». Eur Heart J 2005 ; 26 : 933-940.
  7. WILDER BJ et al. « Effect of food on absorption of Dilantin Kpaseals and Mylan extended penytoin sodium capsules. Neurology 2001 ; 57 : 582-9.
  8. MAKUS K.G. « Generic Substitution of Antiepileptic Drugs : Preliminary Observational Reports of Lamotrigine Switching in Canada ». Epilepsia 2005 ; 46 : 279.
  9. WILNER AN. « Therapeutic equivalency of generic antiepileptic drugs : results of a survey ». Epilepsy Behav 2004 ; 5 : 995-998.
  10. REIFFEL J.A. and KOWEY PR. « Generic antiarrhythmics Are not Therapeutically Equivalent for the Treatmet of Tachyarrhythmias ». Amer J Cardiol 2000 ; 85 : 1151-1153.
  11. TAHMASSIAN R. , VAN DER ZEE PH. « De patiënt had toch gelijk ». Pharm Weekbl. 2005 ; 26/27 : 877.
  12. YU BP, CHONG YS, MAGUIRE GA. « Is generic fluoxetine effective ? ». J Affect Disord 2004 ; 81 : 185-6.
  13. MOFSEN R. and BALTER J. « Case Reports of the Reemergence of Psychotic Symptoms Afeter Conversion from Brand-Name Clozapine to a Generic Formulation ». Clin Therapeutics 2001 ; 23 : 1720-1731.
  14. NIV Y. « Comparison of Proton Pump Inhibitor-Based Triple Therapy with Losec and the Generic Drug, Omepradex, for Efficacy of Helicobacter pylori Eradication ». Dig Dis Sc 2005 ; 50 : 623-625.
  15. CHEETHAM TC. Et al. « Successful Conversion of Patients With Hypercholesterolemia From a Brand Name to a Generic Cholesterol-Lowering Drug ». Am J Manag Care 2005 ; 11 : 546-552.
  16. SPINO M et al. « Dissolution and in vivo evidence of differencies in reference products : impact on development of generic drugs ». Eur J Drug Metabolism and pharmacokinetics 2000 ; 25 : 18-24.
  17. DELPORTE J.P. « Les médicaments génériques ». Rev Med Liège 2002 ; 57 : 13-22.


version PDF
 

Questions & Comments
Copyright © GBS, 1997-2007
  Accueil | GBS | Unions | Le Bottin | Accréditation | Nomenclature | Législation | Partenaires | Publications | Aide