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Le Médecin Spécialiste
Organe du Groupement des Unions Professionnelles Belges de Médecins Spécialistes
N° 5 - Août 2006 Précédent Sommaire Suivant
 


Engagez-vous pour la défense de votre profession. Votez !

 

A partir du 4 septembre 2006, les bulletins de vote pour les prochaines élections médicales arriveront dans les boîtes aux lettres. Les médecins ont la possibilité de voter. Nous appelons ceux-ci à voter pour un syndicat médical qui n'a de cesse que de lutter contre le flot continuel de décisions politiques axées exclusivement sur les économies. Sous le prétexte de l'evidence-based medicine, le politique inflige au citoyen et au médecin une economy-based medicine totalement étrangère à toute considération médicale. Les autorités s'efforcent par tous les moyens d'intervenir dans votre pratique médicale.

Pour rappel, les élections concernent la représentation au sein de l'INAMI et non pas au niveau du SPF Santé publique. Par le biais de l'ABSyM, le GBS reçoit quantité d'informations de l'INAMI. Tous les spécialistes qui siègent au nom de l'ABSyM au sein de la Commission nationale médico-mutualiste et du Conseil technique médical sont également membres du GBS. Au niveau du SPF Santé publique, les unions professionnelles sont les interlocuteurs directs de l'administration et du ministre dans nombre de domaines allant du Conseil supérieur des médecins spécialistes et des médecins généralistes aux Collèges des médecins en passant par les commissions d'agrément. Nombre de dossiers sont cependant traités conjointement avec l'ABSyM et des recours devant le Conseil d'Etat sont introduits régulièrement ensemble.

Comme en 2002, vous avez le choix entre deux organisations représentatives de médecins : l'ABSyM/BVAS (1) et le Cartel/Kartel-GBO-ASGB (2) .

Bien que le GBS compte plus de membres cotisants que n'importe quelle autre association de médecins en Belgique, il n'est pas autorisé à participer aux élections médicales car il ne remplit pas les critères définis par la loi en matière de représentativité. Ceux-ci stipulent notamment que, pour être reconnu comme étant représentatif, il faut défendre aussi bien les intérêts des spécialistes que ceux des généralistes. Or le GBS ne compte pas de généralistes parmi ses membres.

La Belgique connaît davantage une politique tarifaire qu'un système de santé. L'INAMI en constitue le centre financier. Le ministre Demotte est convaincu que les généralistes dispenseront des soins meilleur marché, ce qui n'a jamais été prouvé à moins que les généralistes ne soient contraints de pratiquer un rationnement. Dès lors, le ministre de la Santé publique et des Affaires sociales prend, ces derniers temps, des arrêtés via l'INAMI qui sont surtout favorables aux généralistes : le dossier médical global, l'échelonnement soft qu'il a fait inscrire dans la déclaration gouvernementale du 12.10.2005, les honoraires de disponibilité pour les généralistes, les subsides à l'installation des généralistes, etc.

Nous sommes contents pour les généralistes qu'ils aient obtenu une revalorisation financière plus que nécessaire. Du reste, l'ABSyM a veillé à ce que les consultations des généralistes et des spécialistes soient augmentées ensemble. D'aucuns au sein de la médicomut n'auraient voulu revaloriser que les prestations des généralistes.

En revanche, le GBS n'est pas d'accord avec le fait que cette revalorisation du généraliste s'accompagne de mesures d'économies arbitraires au détriment des spécialistes. Et c'est ce qui se passerait si les projets de poursuite de la forfaitarisation ou les montants de référence devenaient réalité ou si des critères d'agrément, qui se limiteraient exclusivement à des critères de quantité au lieu de critères de qualité, venaient à être introduits, avec la fermeture de certains centres et le démantèlement des soins locaux pour des motifs purement économiques.

Le sous-financement chronique affectant les hôpitaux est corrigé en rabotant les honoraires médicaux. Suite aux fortes pressions exercées par les socialistes flamands qui ont décrété ce sujet priorité numéro 1 dans leurs discours du 1er mai, les autorités ont souhaité supprimer totalement les "suppléments". Grâce aux efforts du GBS et de l'ABSyM étalés sur plusieurs mois, les projets initiaux ont été rangés. Malgré cela, la loi sur les soins de santé (3) contient encore plusieurs dispositions inquiétantes pour tous les médecins traitant des enfants accompagnés par un parent pendant le séjour à l'hôpital. L'exécution de cet article de loi dépendra notamment d'un avis de la médicomut. C'est pourquoi il est essentiel que nous y soyons suffisamment forts pour obtenir qu'un des fondements du système des accords – l'application de tarifs sociaux avec la possibilité de fixer ses propres honoraires dans certaines circonstances – soit respecté. Le Cartel ne se fait pas trop de soucis à ce sujet, bien au contraire. Seule l'ABSyM défend la position du GBS.

Le milieu hospitalier perd également de son caractère attrayant pour les spécialistes pour d'autres raisons. Il suffit de penser à la consultation prénatale du gynécologue qui est moins remboursée que celle du généraliste, qui est à son tour moins remboursée que celle de la sage-femme. Certains hôpitaux se sont organisés de façon à ce que toutes les consultations prénatales soient dirigées vers les sages-femmes. Les nouvelles normes que l'on entend imposer aux services de pédiatrie sont inacceptables pour les pédiatres, et notamment en raison du maigre budget que les autorités sont encore en mesure d'allouer. Et après cela, les pouvoirs publics s'inquiètent de voir les spécialistes fuir l'hôpital.

Entre-temps, les autorités font comme si les plus de 7.000 spécialistes extra-hospitaliers n'existent pas. Les autorités flamandes excluent par décret (4) les spécialistes de la première ligne. Toutefois, grâce à l'intervention du GBS et de l'ABSyM, la Cour d'arbitrage déclare que ce décret ne peut limiter ni la liberté thérapeutique des spécialistes, ni le libre choix du médecin par le patient.

Très récemment, plusieurs collaborateurs du cabinet de Demotte ont suggéré d'accorder de meilleurs honoraires aux consultations tenues à l'hôpital par rapport à celles dans un cabinet privé. Il s'agit à nouveau d'une attaque directe contre les spécialistes extra-hospitaliers, qui bénéficie du soutien de certains au sein de l'ASGB qui sont d'avis que la médecine spécialisée n'a sa place qu'à l'hôpital.

Au sein du Cartel GBO-ASGB, l'aile du GBO fait montre d'une aversion marquée à l'encontre des spécialistes qui n'est tempérée quelque peu que durant la période électorale pour ne pas faire fuir du Cartel les quelques dizaines de spécialistes de l'ASGB. Le GBO plaide en faveur d'une inscription obligatoire et d'un passage obligé chez le généraliste avant que le patient ne puisse consulter un spécialiste. Grâce à l'intervention de l'ABSyM, ces textes n'ont jamais franchi le cap de la commission nationale médico-mutualiste.

Que souhaitons-nous en tant que spécialistes du GBS?

  • Nous refusons l'exclusion du spécialiste de la première ligne.
  • Nous nous opposons à toute forme d'échelonnement.
  • Nous demandons une transparence financière dans les hôpitaux.
  • Nous rejetons le financement des déficits hospitaliers à partir de nos honoraires.
  • Nous optons pour la médecine à l'acte et nous refusons toute nouvelle forme de forfaitarisation.
  • Nous voulons des soins de qualité garantis accessibles à tous partout.
  • Nous refusons le rationnement des soins.
  • Nous refusons la discrimination dans l'accès à certains traitements entre hôpitaux.

Le choix est vite fait. Seule l'ABSyM-BVAS est sur la même longueur d'onde. Par conséquent, votez en masse car le modèle de concertation n'a véritablement de poids que s'il a le support d'une base large qui soutient ses négociateurs.

Dr J.L. DEMEERE,
Président

(1) Belgische Vereniging van Artsensyndicaten – Association Belge des Syndicats Médicaux
(2) Kartel/Cartel Groupement Belge des Omnipraticiens – Algemeen Syndicaat der Geneeskundigen van België
(3) Le projet de loi portant des dispositions diverses en ce qui concerne la santé, voté le 13.07.2006, n'a pas encore été publié au Moniteur belge au moment de la conclusion de ce numéro par la rédaction
(4) Décret du 03.03.2004 de la Communauté flamande relatif aux soins de santé primaires et à la coopération entre les prestataires de soins. Arrêt de la Cour d'arbitrage n° 147/2005, 28.09.2005


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