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N° 4 - Janvier 2000
3. Enfin, un dernier titre professionnel particulier vient d'être créé par l'arrêté ministériel du 16 avril 1999 (MB.22.06.99), le TITRE PROFESSIONNEL PARTICULIER EN ONCOLOGIE.
Il nous paraît intéressant de mentionner ici les réflexions sur l'oncologie du Groupe de travail de 1993 :
" Au sujet de l'oncologie, les motivations de sa reconnaissance sont rappelées
- qualité des traitements liée à une formation spécifique,
- diminution des coûts par une maîtrise des indications et des schémas thérapeutiques,
- nécessité découlant des prescriptions réservées (ex. NEUPOGEN, ZOFRAN, AC monoclonaux) ou de projets relatifs à la création de centres d'oncologie,
- nombre de néoplasies en augmentation,
- existence de cette spécialité dans de très nombreux pays voisins ou non.
Les membres présents se prononcent majoritairement pour l'existence de l'Oncologie sous la forme d'une compétence particulière et non pour son isolement comme une spécialité supplémentaire.
Différentes réactions sont émises au sujet de l'appellation de l'oncologie et de ses relations avec les spécialités associées. L'oncologie comprend selon certains le traitement des tumeurs solides et des tumeurs hématologiques, selon d'autres uniquement le traitement des tumeurs solides non primitivement ganglionnaires
L'oncologie est centrée sur le traitement médical (chimiothérapique, hormonal, immunitaire) des tumeurs.
Le diagnostic des tumeurs continue d'appartenir aux spécialités de l'organe entrepris.
L'oncologie est à visée le plus souvent systémique, quand la radiothérapie et la chirurgie ont une visée plus loco-régionale.
L'oncologie est un concept plus large que celui de la chimiothérapie( immunologie, hormonothérapie) et elle ne se superpose pas non plus totalement à l'hématologie.
Ces considérations du Groupe de Travail ne paraissent pas avoir inspiré la rédaction du nouvel arrêté qui, visiblement, a du tenir compte de l'opposition d'un grand nombre de spécialistes qui prétendent pouvoir se passer de la compétence d'un véritable oncologue pour le traitement des cancers de leur sphère d'activité. Aux yeux d'un interniste, il est évident qu'un oncologue doit avoir une solide formation générale et que la spécialisation en Médecine Interne paraît la plus apte à la lui apporter.
Quoiqu'il en soit, les nouvelles dispositions prévoient la création de deux titres professionnels distincts :- le premier, le titre professionnel particulier en oncologie, est réservé à dix spécialités allant des spécialités chirurgicales à la neurologie en passant par la stomatologie, l'ORL, la dermato-vénérologie et la gynécologie-obstétrique. On notera qu'il n'est pas prévu de dispositions transitoires pour les médecins agréés dans ces spécialités.
- le second, le titre professionnel particulier en oncologie médicale est lui réservé à trois des cinq spécialités médicales (la médecine interne, la gastro-entérologie et la pneumologie) et à la pédiatrie.
Les radiothérapeutes en sont également exclus sauf à titre de disposition transitoire pour les radiothérapeutes actuels, notoirement connus comme particulièrement compétents en oncologie médicale.L'arrêté fixe les critères d'agréation des services de stage en oncologie médicale :
Il doit s'agir d'un service de stage agréé pour la formation supérieure en médecine interne ou en pédiatrie :
- où sont pratiqués intensivement tous les aspects de l'oncologie médicale,
- où sont organisées des réunions scientifiques dans cette discipline,
- où sont mis au point et évalués des protocoles thérapeutiques,
- où la pratique est soumise à l'évaluation d'autres médecins spécialistes porteurs du même titre professionnel et
- où le fonctionnement est sous la responsabilité d'un maître de stage médecin spécialiste porteur du titre professionnel particulier en oncologie médicale.De même pour le maintien de l'agrément, il est exigé que le médecin exerce de manière substantielle et importante et sans interruption "significative" l'oncologie médicale dans un service de Médecine Interne, de Pédiatrie ou dans une section agréée pour l'oncologie et il doit :
- collaborer à la mise au point et à l'évaluation de protocoles thérapeutiques.
- participer à des réunions scientifiques et
- soumettre sa pratique médicale à l'évaluation d'autres médecins spécialistes porteurs du même titre professionnel.Indépendamment des problèmes de principe, une difficulté majeure introduite par le nouvel arrêté est celle de l'agrément des oncologues. Chacune des 15 commissions d'agrément va-t-elle agréer les oncologues de sa spécialité ou faudra-il créer une commission autonome d'agrément d'oncologie à l'instar de ce qui se pratique pour la médecine d'urgence et les soins intensifs ?
Par ailleurs des recours contre cet arrêté seraient introduits auprès du Conseil d'Etat.
Le Médecin Spécialiste - Numéro Spécial
Avenue de la Couronne 20 - 1050 Bruxelles - Tél. 02-649.21.47 - Fax : 02-649.26.90
Editeur responsable : Dr R. LORAUX
Bureau de dépôt : Bruxelles 5 - ISSN 0770-8181
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