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N° 4 - Janvier 2000
Il nous paraît intéressant de publier ce document de travail de 1993 in extenso, à l'exception des considérations sur l'oncologie, que nous reprendrons plus loin, car il s'agit véritablement du texte fondateur de la philosophie qui a guidé les décisions ultérieures de la Santé Publique en matière de titres professionnels :
DOCUMENT DE TRAVAIL : "COMPETENCES PARTICULIERES EN MEDECINE INTERNE".
Rapport de différentes réunions, auxquelles ont assisté plusieurs représentants des départements de médecine interne des universités et quelques représentants d'autres spécialités (cardiologie, rhumatologie).
L'intention est de déterminer quelle réponse peut être donnée aux demandes de plus en plus nombreuses de reconnaissance dans des domaines particuliers de la Médecine Interne, en particulier l'Oncologie. Faut-il notamment créer de nouvelles spécialités ou reconnaître des compétences particulières ?
La différence entre spécialité et compétence particulière peut paraître subtile mais elle n'est pas sans conséquence.
Une spécialité doit être exercée de manière exclusive, sa pratique doit être nécessaire sur l'ensemble du territoire où elle est reconnue et sa pratique doit être économiquement viable.
Une compétence particulière est un domaine particulier d'une spécialité. Les médecins qui sont particulièrement compétents dans l'un ou l'autre domaine de cette spécialité restent donc compétents pour l'ensemble de leur spécialité : approche plus globale du patient, approche moins technicienne, complémentarité et échanges dans les rôles de garde, meilleure réponse aux besoins des hôpitaux de taille moyenne ou petite.
Dans notre système d'agréation, une ou plusieurs compétences particulières pourraient être attribuées par une même commission, assistée si nécessaire d'experts.
Dans l'ensemble, les membres présents se prononcent pour que la réponse aux demandes de reconnaissance pour des domaines particuliers de la Médecine Interne soit apportée sous la forme de compétences particulières plutôt que sous celle de nouvelles spécialités.
Le problème de la réintégration dans la médecine interne de spécialités telles que la gastro-entérologie et la cardiologie est particulièrement difficile pour ceux qui ont une formation surtout orientée vers les techniques. Certains membres évoquent cependant la possibilité d'instaurer deux types de cardiologues ou de gastro-entérologues les uns spécialistes dans ces spécialités et les autres, internistes, particulièrement compétents dans ces domaines.
Au sujet de l'organisation des compétences particulières, les expériences déjà menées par certaines facultés vont dans le sens d'un allongement de la formation totale comportant une formation de base et une formation spécifique dans le domaine des compétences (comportant deux ans au moins).
Cette manière de faire a pour avantage de réellement donner le jour à des internistes généraux particulièrement compétents; ce ne serait pas le cas si l'on prévoyait une ou deux années en supplément et hors de la médecine interne.
Liste des compétences particulières.
Les compétences particulières suivantes sont déjà, à l'heure actuelle, bien individualisées et concrétisées sous forme de services ou de sections ;
- néphrologie
- endocrinologie, nutrition, maladies métaboliques, y compris la diabétologie,
- hématologie, comprenant l'hématologie traditionnelle et les tumeurs hématologiques et les tumeurs primitives du système lymphatique;
- oncologie médicale, à visée thérapeutique et portant sur les tumeurs non hématologiques;
- gériatrie, qui a déjà une existence légale;
Certaines compétences particulières sont communes à plusieurs spécialités: il s'agit notamment :
- des soins intensifs (anesthésiologie, médecine interne, chirurgie)
- de la médecine d'urgence (anesthésiologie, médecine interne, chirurgie, pédiatrie)
Certaines compétences particulières sont individualisées sous forme de fonctions plutôt que de services :
- infectiologie
- immunologie
Certaines compétences sont intriquées à des spécialités très diverses ou à d'autres compétences :
- allergologie (ORL, pneumologie, dermatologie, immunologie..)
Certaines enfin, existent sous la forme de spécialités :
- gastro-entérologie,
- rhumatologie,
- pneumologie,
- cardiologie, …
2. Propositions en matière de procédure.
2.1. La durée de la formation en médecine interne est de six ans.
2.2. La durée de la formation supérieure est de trois ans. Durant ces trois ans et au minimum durant deux ans, la formation supérieure peut être orientée vers un domaine plus particulier de la médecine interne par des stages, au choix, dans un ou plusieurs services ou sections spécialisées.
Lorsque cette formation particulière dans une discipline donnée telle que la néphrologie, l'endocrinologie, l'hématologie, l'oncologie, les soins intensifs, la médecine d'urgence, la gériatrie, a été approuvée dans le plan de stage , dûment prouvée par le carnet de stage et a donné lieu à une communication scientifique du candidat spécialiste dans une revue qui fait autorité, il pourra obtenir, outre son agréation en médecine interne, une agréation pour l'une de ces compétences particulières.
2.3 Pour exercer cette mission particulière, la chambre compétente de la commission d'agréation en médecine interne est assistée de quatre experts, nommés par le Ministre et notoirement connus comme particulièrement compétents dans le domaine plus particulier de la médecine interne dont il est question.
2.4. Le médecin agréé en médecine interne ou en médecine interne et pour l'une des compétences particulières énumérées ci-dessus, doit durant toute sa carrière prouver qu'il entretient et développe ses connaissances en médecine interne et dans la compétence particulière pour laquelle il est agréé.
2.5. Les services de stage pour des domaines particuliers de la médecine interne sont des sections d'un service de médecine interne lui-même agréé pour la formation complète; ces sections sont placées sous l'autorité d'un collaborateur du maître de stage qui pratique ce domaine plus particulier et est agréé pour cette compétence particulière.
2.6. A titre de mesure transitoire valable deux ans après la publication de la présente modification des critères, le médecin agréé en médecine interne,
a) qui a pratiqué durant cinq ans comme activité principale l'un des domaines particuliers de la médecine interne
b) ou bien qui a suivi une formation de deux ans dans un des domaines particuliers de la médecine interne,
c) et, en plus, est notoirement connu comme compétent dans l'un des domaines particuliers de la médecine interne
peut demander a être agréé en médecine interne et dans l'une des compétences particulières visées ci-dessus.
Cette réflexion, fondamentale pour l'organisation de la médecine spécialisée dans notre pays, a eu des conséquences pratiques importantes pour les internistes puisqu'elle a abouti à la création :
- d'une part de titres professionnels réservés aux spécialistes en Médecine Interne et
- d'autre part, de titres professionnels communs avec d'autres spécialités.
Le Médecin Spécialiste - Numéro Spécial
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Editeur responsable : Dr R. LORAUX
Bureau de dépôt : Bruxelles 5 - ISSN 0770-8181
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